Souvenez-Vous

Pour vous qui venez d'embarquer dans ce livre...

Le chapitre I se trouve à la dernière page. Prenez le temps de remonter cette rivière de mots, n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage, je m'imprègne de chacun de vos commentaires, quel que soit le chapitre où vous le déposez. Prenez votre temps pour me rejoindre au dernier chapitre, car, soyez sûr d'une chose: cette histoire ne se terminera pas sans vous. Je vous attends.

Bonne lecture...

m.

 

Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 23:17
Je quitte ce brouhaha discret de vie et me retrouve sur le trottoir. Je prends la direction de  la maison. Rien ne presse. Tranquillement. L'avenue est recouverte d'une cascade de lumières. C'est calme, il n'y a pas grand monde dans les rues ce soir, c'est féérique. Au fil de cette marche solitaire... solitaire. Pourquoi? Plein de monde dans mon quotidien. Par choix? Probablement. Etre maître de sa vie. Décider de choses, renoncer à d'autres. Douce mélancolie au moment où je tourne la tête, traversant ces pensées sans début ni fin, vers la vitrine d'un bar éclairé. Un peu plus chic que le PMU, mais peu de clients. Un détail m'arrache à ces pensées nostalgiques. Vous. A une table, un verre à la main. Avec un ami, peut-être. Je tremble, je frissonne. Je vibre. Une chance. Un signe. Ma Chance. Décider de sa vie. Faire des choix. Renoncer. Entrer et espérer ou rester sur ce trottoir et donner raison à ces peurs irraisonnées, déraisonnables et paralysantes. Un choix, faire un choix.
Venir vous parler.
Partir.
Par m.
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 22:54
N'être plus que présence. Oublier le passé, ne pas  espérer un meilleur avenir. 0uvrir les yeux. Découvrir le monde. Garder les yeux grands ouverts sur chaque détail. Retrouver l'intensité de votre regard. Sa douceur.

Entrer dans un bar. N'importe lequel. Expérimenter ce nouveau présent, cet autre regard sur le monde. Un PMU. Parfait. Tout ce qui m'est si éloigné.

Des hommes, plusieurs. Beaucoup. Le teint gris, les yeux fatigués. le nez scotché aux écrans qui diffusent les résultats du Loto. Leur vie en dépend. Un avenir meilleur. Espérance. Fatigués par la vie. Et pourtant ils sont là, debouts. Les mains dans les poches, accoudés au bar, ou agrippés à leur verre. Parfois les trois en même temps. Un dimanche soir comme tant d'autres.

Leur plaisir. Leur présent. Une resource avant leur nouvelle semaine de travail, de chômage, de dispute avec leur femme, de soirées de solitude, de plateaux télé. Un autre regard... Ces mains qui tiennent un verre, une cigarette, qui jouent avec la monnaie.. rougies, gercées... travailler dehors. Construire des maisons, des immeubles, dans le froid de l'hiver et sous le soleil brûlant de l'été. Rénover des routes, installer des conduits.

Refaire le monde accoudé au comptoir. Le système politique, la solidarité, l'aménagement urbain. Répéter les mêmes choses depuis des années et des années, et pourtant y croire. Encore. Accorder sa confiance aux autres. Ils sont debout, la tête haute. Parce qu'ils y croient.
Par m.
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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 00:06
Sourire. Aux passants. Attraper un instant de vie.  Et l'habiter, comme cette minute  avec vous. Essayer de reconstruire ce monde. Sans vous, tant pis. S'arrêter sur une berge. Au bord de l'eau, mains dans les poches, fermer les yeux un instant. Inspirer. Sentir le vent sur le visage. Entendre les oiseaux. Entendre la circulation, le pas d'une femme sur talons hauts, un gamin qui crie, un portable qui sonne, une discussion, un klaxon, quelqu'un qui rigole. Un instant de vie. Vide de pensées. Incarné de sensations.
Par m.
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 23:59
Vous retrouver pour vous raconter  ce monde, vous y attirer, vous avoir près de moi, contre moi et ne plus vous laisser repartir. Sans chercher à vous retenir. Mais simplement en vous aimant, en vous donnant les meilleures parties de mon être et de mon âme - tout ce que vous m'avez inspiré cette minute sur ce bout de trottoir.

Errer pour vous retrouver; accélérer. Prendre à droite, à gauche, faire demi-tour, encore à gauche. Ne pas vous voir. Courir, chercher en vain ce petit monde sur terre dans votre regard. Ne pas le trouver. Souffler. S'écrouler. Se relever. Respirer.
Par m.
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 23:41
Marcher. De long en large devant la vitrine, dans cette rue. A huit heures le matin, à dix-heures le soir, et après, encore marcher. Je ne me résoudrai pas à croire que vous êtes passé par ici par hasard. Non, notre rencontre ne relève pas d'une pure coïncidence. Ce jeu de regards, cette étincelle ont été programmés par quelque chose de bien plus fort qu'un hasard. J'y crois. C'en est un besoin, une nécessité. C'est ce qui permet de rester à la surface. Je me lève, je marche, je dors en pensant à vous. Je vis de vous.

Plusieurs tours dans le quartier, aucun signe de votre présence. Mais qui êtes-vous? Et que gardez-vous de notre minute? Celle où les passants ont disparu, celle qui  a fait de ce bout de trottoir un autre monde, une bulle de douceur où le temps se suspend, où le moindre espoir devient possible, où chaque détail devient essentiel? Une autre planète - vous et moi - où laisser libre court à cette attirance, à ces sentiments naissants sans se soucier du regard des autres et de ce qu'ils en pcomprendraient.

Ce petit coin de rue où... Vous et moi, si proches! Plus de conventions, pas de mots nécessaires pour se laisser aller à cette attraction, ce désir pour l'autre. Une autre réalité, la nôtre. Ce point dans l'univers, si proches des autres et protégés de leurs regards en coin, ceux qui disent la jalousie, ceux qui disent l'envie, ceux qui disent le mépris, la lassitude, ceux qui parlent de la solitude. Un monde de reflets, sur une vitrine de Noël ou à la surface d'un lac sombre.
Par m.
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 18:20
... Pour vous. Uniquement pour vous. Il s'est passé quelque chose, ce jour devant la vitrine, ce jour au fond du lac. Une étincelle. Votre regard sur moi, peut-être? Alors que je me débats au plus profond de mes peurs et de mes haines, vous posez sur moi toute la douceur de votre regard. Votre douceur sur ma douleur, votre amour pour l'autre sur ma haine de tout. Vous êtes un ange... Rien que par votre regard vous me protégez de moi-même. Vous devenez une espérance et m'offrez une certitude: je vous retrouverai.
Par m.
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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 23:14
Et puis... atteindre le fond, finalement.  Par la force du laisser-aller et de l'inanimé, sentir cet appui, au moment où l'on pense qu'il n'y a plus rien pour nous rattraper. Le fond du lac. De cet endroit, mon corps étendu dans la vase, le visage tourné vers le ciel... vous étiez là. Vous vous reflétiez à la surface de l'eau.
Par m.
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